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La Verte Soria (1) Los Pinares Altos |
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Ils voulaient -et ont fait- une Soria verte : intense en pinèdes, chênes, où l'eau arrose la tâche boisée la plus étendue de la péninsule. Une région belle et touristique attend le voyageur. Dans cette dernière, une route se divise en deux itinéraires, pour mieux découvrir les coins de nature débordante et l'architecture solide : un scénario intense qui sévit au nord-ouest de Soria. C'est une terre verte divisée en deux pinèdes : la “haute”, par laquelle nous allons aujourd'hui caresser la nature et la littérature, et la “basse” que vous racontera autre brochure plus loin et plus tard. Pour le moment, prenons la route de Burgos et allons, sous le doux profil de la sierra de Cabrejas, jusqu'à Cidones. C'est ici, dans cette localité, dans cette auberge, que se reposa Machado avant de commencer la Ruta de Alvargonzález. Puis, notre itinéraire bifurque vers le triangle surveillé par l'Urbión. L'étroite route minaude entre les chênes, les rochers escarpés et les bruyères des environs du barrage de la Cuerda del Pozo. Le chemin se précipite dans les courbes et l'été dans les bains, alors que le marais laisse voir, quand la sécheresse le permet, les restes d'un village qui invente ses chimères au fil de l'eau : il se dit que certaines nuits, les cloches, ensevelies, des églises de la Muedra jouent leurs chansons. Un peu plus loin, nous trouvons une autre déviation. A peine une demie douzaine de kilomètres nous séparent de la Corte de los Pinares, la majestueuse Vinuesa. |
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Urbión |
Le Douro au passage de Covaleda | ||||||
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Depuis celle-ci, la route pour Montenegro de Cameros s'enfonce par des veines d'eau et une pinède immense, jusqu'à la bifurcation de la Laguna Negra. Mais la chaussée continue, entre les pins noirs et étendus, jusqu'au col de Santa Inés, où la neige fournit une remontée mécanique, deux pistes de ski de fond et une d'initiation au ski alpin. La vallée s'ouvre en-dessous, dispersé, large, superbe... et finalement coincé entre deux sierras, un hameau de pierre s'entasse entre les collines obscures. Entouré de houx, de hêtres, de chênes, de sorbiers et de châtaigniers, le village de enchanteresque Montenegro aux charmes irrésistibles : des vaches dans la montagne et ce petit village de pierre où la neige se faufile entre les grandes bâtisses à l'arrière-goût de “Mesta”. Des sept ermitages que la ville a un jour possédés à sa frontière avec La Rioja, seul San Mamés persiste encore. Son classement comme Monument Historique National a mis fin à son utilisation en tant que bergerie. On retrouve dans cet ermitage des fresques romanes qui rappellent l'école catalane. En-haut, où le soleil chavire et où la montagne devient rideau, l'église gothique abrite une sculpture en bois de la Vierge datant du XIIIº siècle. Et nous repartons par où nous sommes arrivés. Les yeux, remplis de vert, doivent encore laisser de la place pour la Tierra de Pinares. Tout près du Pantano, Molinos vit bercé par les eaux du Douro. Il y a la pierre, les pinèdes et une chênaie ancienne qui parfume doucement et rafraichit les entrées. Ses rues, souvenir intact d'un temps où elle fut la localité la plus importante de la Carretería, trahissent son passé muletier avec ses palais et bâtisses des XVI et XVIIº siècles, dont les portes avec arcs et les larges entrées rendent bien compte d'un passé splendide. Nous sommes devant l'impeccable représentation architecturale de la Tierra de Pinares : un village de pierre, de bois, de brique apparente sur les façades, de blasons, de linteaux, de cheminées, de forges solides... qui bénéficie du Prix C du tourisme en Castille-León. Il y a des places hôtelières et rurales, des excursions jusqu'à Vinuesa par la chaussée romaine, d'excellentes vues panoramiques accessibles par une simple ascension au Pico ; et en amont, un village qui possédait des moulins mais qui les a vus prendre leur indépendance. C'est Salduero, qui partage avec ses voisins son charme, le paysage et les sentiers. Ses ermitages et ses terres sont populaires, tout comme le passé unique d'un village scindé au XVIIIº. Salduero s'innonde d'eau, de vers et de traits de couleurs. Ce sont les rimes de Gerardo Diego et les tableaux de Maximino Peña, né dans une grande bâtisse où repose aujourd'hui une bonne partie de son oeuvre. Flânez et passez par la place où un pont et une église vous souhaiteront la bienvenue, profitez du pont médiéval sur le fleuve, de la montagne, de la noble pierre... Et laissez-les derrière vous à la recherche des paysages avec lesquels vous accueillera Covaleda. |
Après tous les villages que vous aurez traversé, son aspect moderne vous surprendra. La localité a été la proie d'un grand incendie, pendant la deuxième décennie du siècle dernier, qui a emporté avec lui une bonne partie de l'esthétique des pinèdes. Cependant, c'est une enclave possédant des coins exceptionnels pour pratiquer l'alpinisme, la randonnée, le VTT mais aussi un sport pour les papilles. Assise aux pieds de l'Urbión, elle ouvre un large éventail de sentiers et de coins impossibles à résumer ici. Nous citerons seulement le proche Refuge de Pescadores, à côté de l'un des ponts les plus intéressants de la province; le mirador de Machorra ou, par la piste qui monte à Urbión, Bocalprado, Tejeros, une pierre qu'une étrange loi physique permet de bouger d'un simple mouvement de main... Quant à l'architecture, les flammes n'ont pas pu venir à bout du mur cyclopéen des IVº et IIIº siècles av. J.C, des tombes anthropomorphes ou des églises gothiques de San Quirico et Santa Julita. Nous continuons, par ces routes du dieu des pinèdes et de l'Urbión, jusqu'à Duruelo de la Sierra, avec ses importantes tombes anthropomorphiques et son église d'origine préromane. Ici nous attendent Castroviejo, un magnifique mirador où l'érosion a créé une sorte de ville hantée, la Cueva Serena et sa cascade, l'ascension à l'Urbión et la naissance du Douro, Peñas Blancas, la Fuente del Berro, Prados de Miguel, Entrambascuerdas... Une invitation à la randonnée et à la traversée faite d'excursions en altitude, alors que le village fondé par les “duracos” se disperse vers la nécropole médiévale, la sierra, l'eau, les sommets et, bien sûr, les images en vert profond, vivace et fécond, remplissant la terre. | ||||||
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Elevée à l'ombre des rois et des nobles qui la choisirent comme lieu de loisirs, Vinuesa conserve l'un des meilleurs ensembles de la région. Ce n'est pas sans raison qu'ils la nommèrent “Corte de los Pinares”. Comme si ce n'était pas suffisant, la belle localité est allée s'enclaver dans un environnement unique. On croit que c'est ici à l'angle fertil où se rencontrent le Douro et le Revinuesa, que se situait la Visontium des Pelendones. Mais celui qui a vraiment laissé un clair témoignage c'est cet Empire romain, léguant à la ville deux hautes oeuvres de génie : le pont qui hier traversait le Douro et aujourd'hui le Pantano et la chaussée jusqu'à Molinos. Sur ce même pont, la Cañada Real Galiana raconte une histoire plus récente : la Mesta et la Carretería qui parsèment les villages d'hôtels particuliers et de grandes bâtisses. Divisée en deux quartiers, Vinuesa réussit à mélanger les humbles maisons avec les palais et les demeures datant du XVIº au XVIIIº siècles. Un mélange de charme tendre et de noble splendeur vous accompagnera dans cette ville qui possède des campings et des places hôtelières. Des balcons et des auvents projettent leur large ombre sur le sol pavé, pendant que les bars et les auberges sortent au pas pour offrir leurs tentations gastronomiques. Au-dessus, une enceinte du XVIº s'ouvre sur de grandes bâtisses surveillées par l'église gothique. Le temple s'élève au-dessus d'un quartier à l'architecture plus modeste mais débordant de trésors. |
La “Corte de los Pinares” appelle à la flânerie et au pas lent. Approchez-vous pour voir la colonne de la place, les maisons des indiens, les jardins, les toits aux cheminées tronconiques... et surtout levez le regard vers la Casa de los Ramos, fête et signe du patrimoine visontin | ||||||
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