La  Verte Soria (1)

Los Pinares Altos


Ils voulaient -et ont fait- une Soria verte : intense en pinèdes, chênes, où l'eau arrose la tâche boisée la plus étendue de la péninsule. Une région belle et touristique attend le voyageur. Dans cette dernière, une route se divise en deux itinéraires, pour mieux découvrir les coins de nature débordante et l'architecture solide : un scénario intense qui sévit au nord-ouest de Soria. C'est une terre verte divisée en deux pinèdes : la “haute”, par laquelle nous allons aujourd'hui caresser la nature et la littérature, et la “basse” que vous racontera autre brochure plus loin et plus tard. Pour le moment, prenons la route de Burgos et allons, sous le doux profil de la sierra de Cabrejas, jusqu'à Cidones. C'est ici, dans cette localité, dans cette auberge, que se reposa Machado avant de commencer la Ruta de Alvargonzález. Puis, notre itinéraire bifurque vers le triangle surveillé par l'Urbión. L'étroite route minaude entre les chênes, les rochers escarpés et les bruyères des environs du barrage de la Cuerda del Pozo. Le chemin se précipite dans les courbes et l'été dans les bains, alors que le marais laisse voir, quand la sécheresse le permet, les restes d'un village qui invente ses chimères au fil de l'eau : il se dit que certaines nuits, les cloches, ensevelies, des églises de la Muedra jouent leurs chansons. Un peu plus loin, nous trouvons une autre déviation. A peine une demie douzaine de kilomètres nous séparent de la Corte de los Pinares, la majestueuse Vinuesa.

La Laguna Negra:

Au coeur de l'Urbión, Machado chante la légende d'un parricide et Gerardo Diego suit ses pas et ses vers, alors qu'un lac plonge dans le vertige de la légende. Certaines chimères racontent qu'il se prolonge jusqu'à la mer par de tortueux bras de superstitions, où le père Alvargonzález cache les rimes de son crime. Entourées de rochers escarpés, les sombres eaux de la Laguna Negra - qui contredisent la légende car en réalité peu profondes - répondent au mot -croisé de leur nom. Pour arriver jusqu'ici, il suffira de prendre la route Vinuesa-Montenegro, où un panneau indique la route à suivre. Quelques kilomètres avant le cirque glaciaire, le parking propose un accès facile (l'été et pendant la Semana Santa on peut y aller en bus) jusqu'à l'épicentre des Tierras de Alvargonzález. Le parcours à pied peut se faire par une variante du Sentier Ibérique Sorianais (GR 86).

 

 

 

Urbión

Le Douro au passage de Covaleda

Depuis celle-ci, la route pour Montenegro de Cameros s'enfonce par des veines d'eau et une pinède immense, jusqu'à la bifurcation de la Laguna Negra. Mais la chaussée continue, entre les pins noirs et étendus, jusqu'au col de Santa Inés, où la neige fournit une remontée mécanique, deux pistes de ski de fond et une d'initiation au ski alpin. La vallée s'ouvre en-dessous, dispersé, large, superbe... et finalement coincé entre deux sierras, un hameau de pierre s'entasse entre les collines obscures. Entouré de houx, de hêtres, de chênes, de sorbiers et de châtaigniers, le village de enchanteresque Montenegro aux charmes irrésistibles : des vaches dans la montagne et ce petit village de pierre où la neige se faufile entre les grandes bâtisses à l'arrière-goût de “Mesta”. Des sept ermitages que la ville a un jour possédés à sa frontière avec La Rioja, seul San Mamés persiste encore. Son classement comme Monument Historique National a mis fin à son utilisation en tant que bergerie. On retrouve dans cet ermitage des fresques romanes qui rappellent l'école catalane. En-haut, où le soleil chavire et où la montagne devient rideau, l'église gothique abrite une sculpture en bois de la Vierge datant du XIIIº siècle. Et nous repartons par où nous sommes arrivés. Les yeux, remplis de vert, doivent encore laisser de la place pour la Tierra de Pinares.

Tout près du Pantano, Molinos vit bercé par les eaux du Douro. Il y a la pierre, les pinèdes et une chênaie ancienne qui parfume doucement et rafraichit les entrées. Ses rues, souvenir intact d'un temps où elle fut la localité la plus importante de la Carretería, trahissent son passé muletier avec ses palais et bâtisses des XVI et XVIIº siècles, dont les portes avec arcs et les larges entrées rendent bien compte d'un passé splendide. Nous sommes devant l'impeccable représentation architecturale de la Tierra de Pinares : un village de pierre, de bois, de brique apparente sur les façades, de blasons, de linteaux, de cheminées, de forges solides... qui bénéficie du Prix C du tourisme en Castille-León. Il y a des places hôtelières et rurales, des excursions jusqu'à Vinuesa par la chaussée romaine, d'excellentes vues panoramiques accessibles par une simple ascension au Pico ; et en amont, un village qui possédait des moulins mais qui les a vus prendre leur indépendance. C'est Salduero, qui partage avec ses voisins son charme, le paysage et les sentiers. Ses ermitages et ses terres sont populaires, tout comme le passé unique d'un village scindé au XVIIIº. Salduero s'innonde d'eau, de vers et de traits de couleurs. Ce sont les rimes de Gerardo Diego et les tableaux de Maximino Peña, né dans une grande bâtisse où repose aujourd'hui une bonne partie de son oeuvre. Flânez et passez par la place où un pont et une église vous souhaiteront la bienvenue, profitez du pont médiéval sur le fleuve, de la montagne, de la noble pierre... Et laissez-les derrière vous à la recherche des paysages avec lesquels vous accueillera Covaleda.

Source du Douro

L'ascension du Pico de Urbión peut se faire par la Laguna Negra, par un itinéraire à pied qui traversera les rochers escarpés du cirque glaciaire et s'enfoncera dans les prairies et les terrains rocailleux jusqu'au lieu de naissance du Douro. Il est aussi possible d'arriver par Covaleda, bien que l'accès le plus commun soit peut-être celui par Duruelo, où un panneau marque la route goudronnée qui rejoint les jeunes eaux à contre courant. Nous sommes sur le versant opposé à celui des lacs. Il y a des fourmilières ouvrant leur bouche sur la pureté du ciel, des bruits de vaches et d'eau, des matins pour se remplir l'âme et les poumons et, si le jour est clair, on peut observer en toile de fond les Pyrénées, le Système Central que les yeux ne pourront pas oublier.

Après tous les villages que vous aurez traversé, son aspect moderne vous surprendra. La localité a été la proie d'un grand incendie, pendant la deuxième décennie du siècle dernier, qui a emporté avec lui une bonne partie de l'esthétique des pinèdes. Cependant, c'est une enclave possédant des coins exceptionnels pour pratiquer l'alpinisme, la randonnée, le VTT mais aussi un sport pour les papilles. Assise aux pieds de l'Urbión, elle ouvre un large éventail de sentiers et de coins impossibles à résumer ici. Nous citerons seulement le proche Refuge de Pescadores, à côté de l'un des ponts les plus intéressants de la province; le mirador de Machorra ou, par la piste qui monte à Urbión, Bocalprado, Tejeros, une pierre qu'une étrange loi physique permet de bouger d'un simple mouvement de main... Quant à l'architecture, les flammes n'ont pas pu venir à bout du mur cyclopéen des IVº et IIIº siècles av. J.C, des tombes anthropomorphes ou des églises gothiques de San Quirico et Santa Julita.

Nous continuons, par ces routes du dieu des pinèdes et de l'Urbión, jusqu'à Duruelo de la Sierra, avec ses importantes tombes anthropomorphiques et son église d'origine préromane. Ici nous attendent Castroviejo, un magnifique mirador où l'érosion a créé une sorte de ville hantée, la Cueva Serena et sa cascade, l'ascension à l'Urbión et la naissance du Douro, Peñas Blancas, la Fuente del Berro, Prados de Miguel, Entrambascuerdas... Une invitation à la randonnée et à la traversée faite d'excursions en altitude, alors que le village fondé par les “duracos” se disperse vers la nécropole médiévale, la sierra, l'eau, les sommets et, bien sûr, les images en vert profond, vivace et fécond, remplissant la terre.

 


 

Laguna Negra

 Piñorras lors de “La Pinochada”

Castroviejo. Duruelo de la Sierra

Elevée à l'ombre des rois et des nobles qui la choisirent comme lieu de loisirs, Vinuesa conserve l'un des meilleurs ensembles de la région. Ce n'est pas sans raison qu'ils la nommèrent “Corte de los Pinares”. Comme si ce n'était pas suffisant, la belle localité est allée s'enclaver dans un environnement unique. On croit que c'est ici à l'angle fertil où se rencontrent le Douro et le Revinuesa, que se situait la Visontium des Pelendones. Mais celui qui a vraiment laissé un clair témoignage c'est cet Empire romain, léguant à la ville deux hautes oeuvres de génie : le pont qui hier traversait le Douro et aujourd'hui le Pantano et la chaussée jusqu'à Molinos. Sur ce même pont, la Cañada Real Galiana raconte une histoire plus récente : la Mesta et la Carretería qui parsèment les villages d'hôtels particuliers et de grandes bâtisses.

Divisée en deux quartiers, Vinuesa réussit à mélanger les humbles maisons avec les palais et les demeures datant du XVIº au XVIIIº siècles. Un mélange de charme tendre et de noble splendeur vous accompagnera dans cette ville qui possède des campings et des places hôtelières. Des balcons et des auvents projettent leur large ombre sur le sol pavé, pendant que les bars et les auberges sortent au pas pour offrir leurs tentations gastronomiques. Au-dessus, une enceinte du XVIº s'ouvre sur de grandes bâtisses surveillées par l'église gothique. Le temple s'élève au-dessus d'un quartier à l'architecture plus modeste mais débordant de trésors.

La Pinochada:

Au centre de la place, l'arbre extra-printanier élevé deux jours plus tôt, contemple la scène. Nous sommes le 16 août et c'est le jour d'une grande fête -féminine- à Vinuesa. Parce que ce sont elles, les visontines habillées du costume traditionnel, qui, branche de pin en main, dominent le matin. Ce jour-là, les filles et les femmes s'en prennent à grands coups à tous ceux -et non à toutes celles- qui s'approchent. Elles brandissent leurs branches en répétant “De hoy en un año” (A l'année prochaine), ce à quoi la victime répondra par un poli “Merci”. La fête commémore une bataille légendaire contre Covaleda pour la Virgen del Pino ou, comme le dit l'histoire, la lutte contre cette localité et la victoire visontine grace à l'intervention des femmes. Après ça, célibataires et hommes mariés remémoreront l'affrontement simulant la bataille.

 La “Corte de los Pinares” appelle à la flânerie et au pas lent. Approchez-vous pour voir la colonne de la place, les maisons des indiens, les jardins, les toits aux cheminées tronconiques... et surtout levez le regard vers la Casa de los Ramos, fête et signe du patrimoine visontin  

Divisée en deux routes, la Soria verte initie un itinéraire commun depuis la capitale, où le voyageur prendra la route de Burgos (N-234), qui l'amènera aussi bien au Pinares Altos que Bajos. La première option, que cette brochure peint de la main du Douro tout juste né, se sépare de la seconde à Cidones. Si les Pinares Bajos suivent tout le temps la nationale, les Altos en dévient pour s'enfoncer dans des détours à la recherche de la Tierra de Alvargonzález. Ainsi, et avec en tête le parricide versifié par Machado, le voyage s'en va vers Vinuesa par une route étroite, qui à quelques six kilomètres de la localité sera de nouveau indiquée par un carrefour bien signalisé. La “Corte de los Pinares” est une porte de plus vers la Laguna Negra. A l'entrée de la ville, un panneau sur la droite annonce l'endroit mythique. C'est cette même route qui va à Montenegro de Cameros, après avoir aperçu les névés attendant sur les hauteurs de Santa Inés. La Laguna, de laquelle il faudra s'écarter par une piste sur la gauche avant d'arriver au Col, s'ouvre aux randonnées pédestres, qui conduisent à des lieux tels que la source du Douro. Après ces passages qui croisent les beaux villages de pierre, nous nous dirigeons par des routes étroites vers des localités magnifiques comme le sont Molinos ou Salduero. Plus loin, Covaleda et Duruelo de la Sierra reçoivent les flancs de l'Urbión, offrant des sentiers allant au Pico de Urbión. Le retour à la capitale pourra se faire par le même chemin ou en prenant à Molinos la route d'Abejar, qui traverse des endroits comme la Playa Pita.

NB: Il existe une connexion entre les deux Pinares connue comme El Amogable, qui rattache différents points de ces deux lieux. Ce sont des routes de montagne en assez bon état, avec des panneaux indicateurs qui servent de carrefour entre les deux routes. Depuis l'Amogable, une affiche indique l'accès à la suggestive Cabeza Alta.
 

OFFICES DE TOURISME: 

 

Patronato Provincial de Turismo

C/ Caballeros, 17. 42002, Soria

Tfno. 975 220 511. Fax. 975 231 635

e-mail: turismo@dipsoria.com

http://www.sorianitelaimaginas.com

Information téléphonique

902 203 030

http://www.jcyl.es/turismo

Soria 42002

C/ Medinaceli, 2

975 212 052. Ouvert toute l'année

El Burgo de Osma 42300

Plaza Mayor, 9

975 360 116. Ouvert toute l'année

Medinaceli 42240

689 734 176. Ouvert toute l'année

Ágreda 42100

Plaza Mayor, 1. 976 192 714 *

Almazán 42200

Plaza Mayor, s/n. 975 310 502 *

Berlanga de Duero 42360

Plaza Mayor. 975 343 433 *

Garray, 975 252 001

San Esteban de Gormaz 42330

975 350 292 *

 

Más información:

San Leonardo de Yagüe 42140

975 376 052 *

Vinuesa 42150

Castillo de Vinuesa s/n. 975 378 170 * 

*Ouvert les week-ends de Pâques à Noël et tous les jours d´été.

 

 

 Textos: Susana Gómez

 Traducción: Luc Gonachon y Caroline Farat